Je suis désolée, mais il faut que je commence par casser ce mythe des calories qui est très répandu auprès du grand public et des nutritionnistes de la vielle école. Il repose sur une règle simple : quand on augmente les calories, on grossit, quand on les diminue, on maigrit.

Cette approche ne tient pas compte du fait que toutes les calories ne se valent pas. 2000 calories de frites n’ont pas le même effet sur vous que 2000 calories de légumes ou 2000 calories de poisson. Si vous mangez 2000 calories de frites tous les jours, vous grossissez, si vous mangez 2000 calories de légumes ou de poisson vous maigrissez. C’est aussi simple que cela, ce n’est pas la quantité de calories qui compte, mais leur qualité. Autre façon de dire, ce n’est pas la quantité d’aliments consommés qui fait grossir, mais plutôt leurs propriétés et la façon dont ils sont assimilés.

Comment la diététique fondée sur les calories peut-elle le constater sans se remettre en question ? D’après elle, il suffirait de diminuer les calories pour maigrir et de les augmenter pour grossir. Certaines personnes mangent énormément, sans grossir. D’autres grossissent au moindre écart ! Comment expliquer cela ?

La simplification opérée par la diététique des calories masque une réalité complexe, celle de notre corps qui ne fonctionne pas que par un apport calorique mais qui subit un nombre important de mécanismes hormonaux. Ce manque de regard global sur le corps humain est responsable de l’incompréhension de beaucoup de personnes face aux modifications de leur poids.

Avez-vous entendu parler du Paradoxe américain ? Une étude publiée en 1997 a montré qu’entre 1980 et 1990, les Américains avaient diminué leurs apports caloriques de 4% et leur consommation de graisses de 11%. Dans la même période, la consommation de produits allégés en gras a explosé, c’est la mode du « low fat ».

Malgré cela, sur la même période, l’obésité aux USA a progressé de 31%. Les auteurs de l’étude, surpris par un tel constat, lui donnèrent le titre « The American Paradox » (le Paradoxe Américain). Pour résumer, alors que la courbe de consommation de calories baissait, l’obésité augmentait.

Cette étude ne faisait pourtant que confirmer un fait avéré : contrairement à l’affirmation de la plupart des nutritionnistes, la prise de poids ne dépend pas des apports caloriques.

En réalité, lorsque l’on réduit les calories, on maigrit, mais juste pour un temps. En effet, l’instinct de survie fait que le corps s’adapte. Si vous êtes habitué à consommer 2500 calories par jour et que vous baissez votre consommation à 1500, il y aura une consommation de graisse de réserve et donc une perte de poids. Mais, à supposer que vous restiez sur ce rythme de 1500 calories par jour, votre organisme, animé par son instinct de survie, va s’ajuster rapidement et réduire ses besoins au niveau de l’apport.

S’il n’a plus que 1500 calories, il va réduire votre métabolisme et ne brûlera plus que 1500 calories, voire moins. Conséquence: la perte de poids va s’interrompre ! Ceux qui pratiquent le Ramadan connaissent bien le phénomène d’adaptation, au début, on jeûne et c’est dur, mais au bout de quelques jours, on ressent moins la faim.

Il faut comprendre que le corps est intelligent et qu’il sait s’adapter. L’instinct de survie va le pousser à la prudence : si vous réduisez les calories, il va faire des réserves ! En effet, il va assimiler cette réduction à une famine, il va donc réduire ses dépenses (baisse du métabolisme) et se mettre à stocker des réserves sous forme de graisse pour affronter la disette que vous lui faites subir. A terme, vous risquez de reprendre du poids au lieu d’en perdre. Et cette prise de poids sera d’autant plus importante si vous revenez à votre consommation initiale de 2500 calories.

Si vous êtes adepte de la théorie des calories, vous allez me dire qu’il suffit de réduire encore les calories, de passer de 1500 à 1000 pour réenclencher la perte de poids ou bien d’augmenter l’activité physique. Cela parait logique, mais le corps va encore s’adapter à la nouvelle donne, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous ayez atteint votre seuil minimum ! Si vous tentez de réduire encore en dessous de ce seuil minimum, vous mettez votre santé en danger!

Pour conclure, compter les calories n’a pas de sens et ne vous permet pas d’atteindre des objectifs durables. Dans bien des cas, l’effet Yoyo (perte – reprise – perte – reprise) est garanti. Alors que faire pour perdre du poids de façon durable ? Pour cela, il faut d’abord comprendre les mécanismes de la prise de poids. C’est ici que l’index glycémique et le contrôle de l’insuline interviennent. Cliquez ici pour en savoir plus sur les index glycémiques et les mécanismes de la prise de pois.